Israël, de quoi me souviendrai-je de toi ?

Je me souviens aussi des poignées de main entre Rabin et Arafat en 1993, à Oslo, et l’espoir fracassé par l’extrême droite obscurantiste juive, assassinant l’espoir de paix en la personne du premier ministre israélien.

Chaque vendredi, Pierre Serna, historien, livre dans une rubrique du journal l’Humanité, son sentiment sur l’actualité. Ce vendredi il a écrit celle que nous vous livrons ci-dessous. Elle fait suite  aux massacres orchestrés par Nethanayou et Trumps à Gaza. Elle invite les israéliens à s’interroger sur leur propre histoire.

Je me souviens , en 1987, de jeunes officiers israéliens mettre des numéros sur les prisonniers palestiniens pour les trier, inconscients de ce qu’ils faisaient au regard de la Shoah.

 Sommes-nous à ce point gavés d’images violentes et d’informations toujours plus anxiogènes que, une semaine après le meurtre de 60 Palestiniens et les blessures et amputations infligées par armes de guerre à des centaines d’autres, nous soyons passés à autre chose, et que la communauté internationale n’ait quasiment rien fait pour tenter d’imposer, simplement, le droit ? Je me souviens de mon CM2 à Tulle. Dans cette terre de résistance s’il en est, notre institutrice nous avait montré, pour préparer la cérémonie du souvenir des pendus par les SS de la division Das Reich en juin 1944, des documents de la Seconde Guerre mondiale, où l’on voyait des scènes de camps de concentration, première vraie confrontation avec le martyre du peuple juif. Je me souviens de mes cours de terminale à Nice, lorsque la solution finale fut étudiée de façon approfondie avec la naissance douloureuse d’Israël, et l’aventure de ces migrants juifs sur la Méditerranée.

Je me souviens des visions de la seconde intifada, en septembre 2000, et de cet enfant, déjà mort, tué par balle et encore blotti contre son père

Je me souviens aussi d’un basculement, en 1982, lors des massacres de Sabra et Chatila, lorsque Tsahal, l’armée israélienne, laissa massacrer impunément des milliers de Palestiniens réfugiés dans les faubourgs de Beyrouth. Je me souviens aussi de l’horreur des anciens déportés, lorsqu’ils virent, durant la première intifada, en 1987, de jeunes officiers israéliens mettre des numéros sur les prisonniers palestiniens pour les trier, inconscients de ce qu’ils faisaient au regard de la Shoah. Je me souviens aussi des poignées de main entre Rabin et Arafat en 1993, à Oslo, et l’espoir fracassé par l’extrême droite obscurantiste juive, assassinant l’espoir de paix en la personne du premier ministre israélien.

Je me souviens aussi, en 1982, lors des massacres de Sabra et Chatila, lorsque Tsahal, l’armée israélienne, laissa massacrer impunément des milliers de Palestiniens

Je me souviens des visions de la seconde intifada, en septembre 2000, et de cet enfant, déjà mort, tué par balle et encore blotti contre son père qui le protégeait en vain… Je me souviens du courage de Zeev Sternhell, le grand historien israélien du fascisme, dénonçant le songe brisé d’une démocratie israélienne incapable d’assumer la naissance d’un second État garantissant la paix entre deux pays indépendants et souverains… puis la tentative d’attentat contre lui en 2008. À force de dénoncer Netanyahou, il ne faut pourtant pas oublier qu’Israël demeure un pays démocratique. Ce sont les Israéliens qui choisissent leurs députés. De quoi est construite leur mémoire ? De quoi est construit leur futur ? De quoi les jeunes Israéliens se souviendront-ils ? Je n’aimerais pas me souvenir d’Israël comme d’un pays bourreau des Palestiniens. Il est temps de changer, que les Israéliens retrouvent la mémoire et l’utilisent comme une arme de paix plutôt que comme une arme de destruction lourde de leur propre histoire… Il le faut pour les enfants de ces deux pays : Israël et Palestine.

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Banquet de West Bani Zaïd, plus que jamais Vive la Palestine !!

Bien sûr l’association Bezons-West Bani-Zaïd n’en est pas  à son premier coup d’essai. Mais pour ce banquet 2018 de la solidarité avec le peuple palestinien  ce fut encore un coup de maître ! Organiser ce type de manifestation en plein week-end de Pâques, il fallait oser. Ils ont osé et ils ont eu raison.  216 personnes très exactement ont répondu présents. Donc pari gagné ! Une belle soirée à laquelle une chaîne de télévision algérienne, qui avait dépêché des journalistes sur place,  a par ailleurs consacré une page de son journal télévisé :

 

Hachem Khreibi,, conseiller auprès de monsieur l’Ambassadeur à la Mission de Palestine en France, Dominique Lesparre, maire de Bezons et Christian Leduey, président de West Bani Zaïd

Une soirée où il fut bien évidement et surtout question du nouveau massacre à Gaza, orchestré par Netanyahou et au cours duquel 18 palestiniens désarmés ont été lâchement assassinés par les snippers israéliens lors de la marche pacifique organisée, comme chaque année pour la Journée de la Terre, le 30 mars. Une fois encore, le gouvernement d’extrême-droite tue, blesse, violente, humilie Gaza. Et nous ne pouvons qu’être scandalisés devant l’inertie complice de notre gouvernement qui a osé n’appeler ce pouvoir colonial qu’à « la retenue ».

Christian Leduey, président de l’association, entouré de Hachem Khreibi,, conseiller auprès de monsieur l’Ambassadeur à la Mission de Palestine en France, de Dominique Lesparre,  maire de Bezons, de Raymond Aiyvi, conseiller municipal délégué à la Paix et à la solidarité internationale et de Jean Contri, le président d’honneur de l’association, a bien évidement entamé son intervention (voir PDF ci-joint) sur ce nouveau drame que vivent nos amis palestiniens. Il a toutefois en préambule tenu à rendre hommage à une grande amie de la  Palestine et de la Paix, Christine Sanguinède, disparu en février dernier. La soirée était également consacrée à la situation des prisonniers palestiniens. C’est pourquoi les portraits de Ahed Tamimi, Marwhan Barghouti et Salah Hamouri,  prisonniers emblématiques de l’apartheid israélien, paraient la salle Aragon.  Autre particularité de ce banquet, pour la première fois  le stand des produits palestiniens (qui a fait un tabac !) était tenu par…un palestinien, notre ami Burnat Ibrahim, membre également de l’association des prisonniers palestiniens.

Enfin, la date de notre banquet coïncidait avec le dixième anniversaire de la plantation de l’olivier de la paix à Bezons. C’est en effet le 31 mars 2008, qu’à l’initiative de Dominique LESPARRE, cet olivier fut planté pour symboliser notre soutien à la cause palestinienne.  Une très belle soirée, réussie sur tous les points, et cela mérite d’être souligné, à laquelle s’étaient également joints aussi, Alain Feuchot, secrétaire de la fédération du Val-d’Oise du PCF et Francis Gabouleaud, secrétaire de la section du PCF d’Argenteuil.  Prochain rendez-vous en avril et le 14 mai pour la commémoration du 70ème anniversaire de la Nakba.

POUR LIRE LE DISCOURS? CLIQUEZ ICI : DISCOURS BANQUET 2018. Dernière version

UN GRAND MERCI  :  à la Ville de Bezons, au comité de jumelage, à l’Arac, à ATD quart-Monde, à Togo Education-Culture, au LAB… qui apportent leur précieuse collaboration et soutien à notre soirée. Merci à Dj’Kader, et à toute son équipe de sécurité, aux agents municipaux du service manutention, à ceux de la cuisine municipale ainsi qu’à la police nationale. Et puis un merci particulier et chaleureux aux membres du Conseil d’administration de notre association qui, encore cette année ont pris à bras le corps l’organisation de notre soirée, n’ont pas regardé à donner de leur temps et de leur énergie pour l’organisation, ô combien délicate,  de cette belle manifestation de solidarité envers nos amis palestinien afin que la fête soit réussie. Elle l’a été. Et c’est grâce à elles et eux aussi.

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Banquet West Bani Zaïd, il commencera en musique !

Le samedi 31 mars, pour son traditionnel banquet de solidarité avec nos amis Palestiniens,  en présence de Monsieur l’Ambassadeur de Palestine, l’association West Bani Zaid est très heureuse de vous annoncer qu’elle accueillera en première partie de cette soirée, un rendez-vous musical et festif de grande qualité :  Ahmad MIQDAD et son luth ! Instrument à cordes pincées le luth est d’origine persane et arabe. Il est en filiation directe avec le ud ou luth à manche court, instrument roi et légendaire de la musique arabe.  Ahmad MIQDAD nous donnera à voir et à entendre une démonstration de son savoir-faire, en musique et en chants en passant parfois au synthétiseur.  

Et si vous n’ êtes pas encore inscrits pour le banquet de West Bani Zaïd, dépêchez-vous !!!

Bulletin d’inscription ci-joint : Bulletin de réservation pour la soirée du samedi 31 mars 2018 – Copie

 

C’est le samedi 31 mars à 19h, espace Aragon. 20 euros par personne, buffet à volonté compris et soirée dansante.

Découverte de la poésie palestinienne à la Médiathèque de Bezons

Aucun peuple n’a vécu sans poésie. Le peuple palestinien, peut-être plus que tout autre peuple, a mêlé la poésie à la lutte pour la survie,  à la résistance contre l’occupant israélien. C’est ce qui explique que la poésie palestinienne est d’abord un outil de combat qui se soucie peu des modes littéraires.

Cela n’enlève rien à sa qualité et à sa force. Elle a suivi de près l’évolution politique. Ainsi, des poèmes des années 60 où le Palestinien cherche à faire entendre sa voix, on est arrivé aujourd’hui à des poèmes qui témoignent de la détermination d’un peuple à recouvrer sa terre et son identité.

Ici, sur les pentes des collines, face au couchant Et à la béance du temps, Près des vergers à l’ombre coupée, Tels les prisonniers, Tels les chômeurs, Nous cultivons l’espoir. Mahmoud Darwich. (1941-2008) est une des figures de proue de la poésie palestinienne.

Poésie pour l’existence, essentielle dans la mémoire du peuple, exigeante, elle dérange. Sa portée est réelle, d’où la subversion redoutée, notamment par les autorités d’occupation qui tentèrent de faire taire les plus grands d’entre eux dont Samih Al-Qassim et  Mahmoud Darwich.

C’est le poète palestinien Anaïs Alaïli qui animera la soirée consacrée à la jeune poésie palestinienne.

Si vous souhaitez découvrir ou re-découvrir la poésie palestinienne, l’association Bezons-West Bani-Zaïd vous encourage à répondre à l’invitation de la Médiathèque de Bezons qui dans le cadre  du « Printemps des poètes » et de « Carte blanche  à Francis Combe »,  organise le mardi 6 mars 2018 à 19h une rencontre autour de la jeune poésie palestinienne avec Anas Alaïli, poète palestinien et rédacteur en chef dans différents magazines littéraires.

 

3ème édition du festival du cinéma palestinien

Après les succès des deux premières éditions, le Festival Ciné-Palestine (FCP) vous donne rendez-vous du 2 au 11 juin 2017, pour sa 3e édition, dans les cinémas partenaires à Paris, Saint-Denis et Aubervilliers (voir PDF programme complet) . Une nouvelle fois, le Festival se donne pour ambition d’être à la hauteur du dynamisme et de la qualité du cinéma palestinien, en proposant une programmation riche et intense, avec des inédits, des invité-e-s talentueux prestigieux, des rétrospectives, comme celle dédié au travail du grand Mohammad Bakri. Le FCP 2017 sera aussi marqué par l’anniversaire des 50 ans de l’occupation suite à la guerre de 1967, avec un focus « regards croisés sur 1967 ».

Et pour la première fois, le FCP 2017, suivant son objectif premier de soutien au cinéma palestinien, accueillera un concours de courts-métrages destiné aux jeunes réalisateur-rice-s. En 2016, 2300 spectatrices et spectateurs ont participé à 21 séances de projection, pour 30 films dont 14 longs métrages et 16 courts métrages.

Pour cette édition, est prévue une programmation ambitieuse et de qualité, avec en ouverture le film « Ghost Hunting » de Raed ANDONI, prix du meilleur Documentaire au Berlin International Film Festival de 2017, qui sera projeté le 2 juin. Parmi les autres temps forts, une rétrospective consacrée à l’acteur, metteur en scène et réalisateur palestinien Mohamad BAKRI. La 3ème édition du festival verra aussi la mise en place de nouvelles initiatives : l’organisation d’un concours de courts-métrages ouvert aux jeunes artistes palestinien(ne)s de tous horizons, l’organisation d’une projection gratuite en plein air à Saint-Denis, et la tenue d’une Master-Class dédiée à Mohamad Bakri.

Le programme complet , CLIQUEZ ICI : Programme-Festival_Ciné-Palestine_3EME_2017

 

La victoire de toute un peuple !

La victoire arrachée par les prisonniers politiques palestiniens après 41 jours de grève de la faim est d’abord la leur : celle d’une action résolue et coordonnée sur les mots d’ordre très forts de la liberté et de la dignité, centrée sur des objectifs immédiatement atteignables, celle d’une incroyable volonté face aux risques pour leur vie et aux mauvais traitements de toutes sortes qu’ils ont subi d’un système pénitentiaire inhumain.

C’est aussi la victoire de tout le peuple palestinien, qui s’est identifié à la cause de ses prisonniers, et de tous les Palestiniens qui se sont mobilisés partout, au péril de leur vie, en portant cette revendication. C’est enfin notre victoire et celle de tous nos partenaires, de cet immense mouvement de solidarité qui s’est mobilisé partout dans le monde. L’engagement plein et entier de tous nos partenaires pour cette cause, la multitude des mobilisations, partout en France, dans la diversité et l’inventivité de leurs formes, sont là pour en témoigner malgré un quasi embargo médiatique.

Quels que soient les détails des accords conclus ce matin, dont nous n’avons pas encore connaissance, nous devrons rester d’une vigilance absolue sur les conditions de détention des prisonniers palestiniens. Et nous poursuivrons sans relâche nos efforts pour leur libération, première étape indispensable d’une solution politique. L’absence de réaction publique du gouvernement français pour soutenir les demandes légitimes des prisonniers palestiniens indique une continuité regrettable avec la politique mise en œuvre sous la présidence de François Hollande. La question générale de la réponse à la politique de force du gouvernement israélien, celle de la nécessité de sanctions effectives, ne pourra pas être éludée par le nouveau président de la République. C’est ce à quoi notre association, tous les militants de la cause palestinien, toutes celles et tous ceux qui militent pour la reconnaissance d’un Etat palestinien vivant en paix aux côtés d’un été israélien, vont s’employer.  

Manifestation de soutien aux grévistes de la faim palestiniens à New-York

A l’occasion de la victoire de la lutte pour la Liberté et la Dignité, nous saluons les Prisonniers Palestiniens pour avoir obtenu leur victoire non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour leurs familles, pour l’ensemble du peuple palestinien et pour le mouvement mondial pour la justice et la liberté. Nous saluons et félicitons les prisonniers de leur victoire après 40 jours de sacrifice, de fermeté et de lutte sans fin. Nous saluons et félicitons tous ceux qui ont contribué à cette victoire dans toute la Palestine, dans les camps de réfugiés, dans les communautés palestiniennes partout et parmi les militants du monde pour la justice et la libération. Nous considérons ce moment comme étant une inspiration pour continuer et amplifier notre action afin d’organiser le combat pour la liberté de tous les Prisonniers Palestiniens, des terres et du peuple de Palestine.

 

Ils ne doivent pas mourir !!

Depuis le 17 avril, plus d’un millier de Palestiniens incarcérés dans des prisons de l’Etat hébreu ont cessé de s’alimenter afin de protester contre leurs conditions de détention. L’Israël, avec la complicité d’autres nations, est prête à les laisser mourir !

Lancée il y a 38 jours aujourd’hui par Marwan Barghouti, le Mandela palestinien,  leader de la deuxième intifada en Cisjordanie condamné en Israël à cinq peines de prison à perpétuité pour avoir résisté à l’occupant israélien, la grève de la faim des prisonniers palestiniens «de sécurité» se poursuit alors que la mobilisation grandit dans de nombreux pays dont la France. Seuls les dirigeants restent lâchement indifférents et muets. Les leaders du mouvement, dont Marwan Barghouti, ont rapidement été placés en isolement total et le ministre israélien de Sécurité intérieure, Gilad Erdan (Likoud), confirme qu’il «ne négociera jamais avec des terroristes». Quant à l’administration pénitentiaire (Shabas), elle refuse de discuter les revendications des détenus, parmi lesquelles le droit de recevoir des visites de la Croix-Rouge, l’allongement des visites familiales et le droit à de meilleurs soins médicaux.

Benyamin Netanyahou et ses complices se comportent comme l’infâme Margaret Thatcher qui, en 1981, a laissé mourir de faim Bobby Sands et ses patriotes irlandais. Depuis 37 jours aujourd’hui, Marwan Barghouti et des centaines d’autres détenus ont cessé de s’alimenter. Ils ne boivent plus.

Au début de la grève, environ 1 500 des 6 200 détenus palestiniens refusaient de boire et de s’alimenter. Le Club des prisonniers, une organisation palestinienne basée à Ramallah, affirme qu’une cinquantaine de prisonniers ont rejoint le mouvement cette semaine et que «plus de mille» le poursuivaient vendredi matin. Au-delà de cette bataille de chiffres, il se confirme que l’état de santé de plusieurs grévistes de la faim s’est dégradé. Les cas les moins graves sont soignés à l’intérieur même des prisons où ils sont détenus. Quant aux grévistes les plus faibles, ils embarrassent Erdan et le Shabas, lesquels redoutent de voir la communauté internationale prendre fait et cause pour eux.

Mais ils disposent d’une arme : la loi du 30 juillet 2015 autorisant l’alimentation forcée des grévistes de la faim à condition que celle-ci soit effectuée par des membres du personnel médical. Sauf que l’Ordre des médecins de l’Etat hébreu s’oppose à cette mesure coercitive, qu’il considère comme une forme de torture. Depuis 2015, il enjoint d’ailleurs à ses membres de ne pas collaborer au gavage. Voilà pourquoi Erdan envisage de louer les services de médecins étrangers pas trop regardants sur l’éthique professionnelle tant que c’est bien payé.

Lorsque Barghouti a déclenché son mouvement, le ministre de la Sécurité intérieure avait d’ailleurs ordonné l’installation d’un hôpital de campagne à côté de la prison de Ketziot, un ancien camp de prisonniers établi à la hâte durant la première intifada (1987-1993), transformé depuis en établissement de haute sécurité. C’est, semble-t-il, dans ce dispensaire démontable perdu au milieu du désert du Néguev que les fortes têtes seront gavées comme des oies.

Encore faut-il que cela se passe discrètement. Le Shabas a donc fait couper toutes les liaisons internet et les réseaux téléphoniques cellulaires dans un rayon pouvant atteindre sept kilomètres autour de Ketziot. Efficace ? Au plus haut point. Mais les détenus palestiniens ne sont pas les seuls à souffrir de ce black-out puisque les villages, les commerces, les PME et les administrations israéliens situés à proximité de la prison sont eux aussi coupés du monde au nom de la raison d’état.

Ces hommes et ces femmes de tous âges, incarcérés dans les prisons israéliennes sont des combattants de la liberté dont le seul tort est de vouloir voir leurs enfants grandir dans un État de Palestine dans les frontières de 1967.

Les organisations membres du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens appellent à un rassemblement de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim, ce mercredi 24 mai, de 18 heures à 19 h 30, place de l’Opéra, à Paris. Un précédent rassemblement a eu lieu le jeudi 18 mai, devant le ministère des Affaires étrangères, « pour demander au gouvernement français de sortir de son silence sur une situation qui ne peut plus attendre, qui ne peut plus durer ». « Il y a urgence, leur santé est gravement menacée, s’alarme l’Association France Palestine solidarité (AFPS). La France doit agir en urgence pour le respect de leurs droits et la satisfaction de leurs revendications. »

Israël a tissé une toile carcérale sur les territoires palestiniens

Stéphanie Latte est politiste et historienne, chercheuse au CNRS, au Centre de recherches internationales de Sciences-Po. Elle a accordé un entretien au journal l’Humanité, que nous reproduisons ci-dessous. Elle voit dans le système carcéral israélien un dispositif central de renseignement et de gestion de l’occupation.

Cette mobilisation des prisonniers palestiniens est-elle inédite par son ampleur et sa durée?

STÉPHANIE LATTE :  Ces dernières années, ce sont surtout de longues grèves individuelles ou de petits groupes (80 personnes en 2016) contestant la détention administrative qui ont été conduites. Celle-ci fait donc partie des grandes grèves de la faim qui ont eu lieu depuis 1967, comme celle de 1992 qui engagea quasiment tous les détenus et l’ensemble des partis et aboutit à l’allongement de la durée des visites familiales de 30 à 45 minutes et à la possibilité d’étudier en prison. Un droit retiré en juin 2011, tout comme la possibilité de passer le bac en détention et de recevoir suffisamment de livres, journaux et vêtements des familles. Ce qui fait partie des revendications de la grève actuelle. Une grève réellement unitaire n’avait pas eu lieu depuis celle de 2004, qui se solda par un échec et eut des conséquences lourdes sur les mobilisations collectives en prison pendant la décennie qui a suivi. Le Mouvement des prisonniers politiques, créé dans les années 1980, a en effet été très affaibli au début des années 2000, malgré la signature du «Document des prisonniers» en 2006 par l’ensemble des représentants partisans qui appelaient à l’unité face à la scission entre le Hamas et le Fatah. D’une part, en raison de l’absence de transmission générationnelle, alors que la plupart des détenus (à l’exception de 350) sont sortis avec le processus de paix. D’autre part et surtout car, avec la reprise des incarcérations massives au moment de la seconde Intifada (2000-2004), un nouveau management carcéral, qui a fortement individualisé la vie en détention, a été mis en place par l’administration pénitentiaire. Il a séparé et isolé les détenus en quartiers, en fonction de leurs appartenances partisanes, mais aussi de leurs lieux de résidence et de leurs liens familiaux. Le mouvement actuel, réellement unitaire, est porté par des leaders charismatiques de tous les partis : Marwan Barghouti, Ahmed Saadat, secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine, Abbas Sayyed, membre du bureau politique du Hamas, Zaid Bseiso, du Djihad islamique, Wajdi Jawdat, du Front démocratique de libération de la Palestine, et Bassam Kandakji, du Parti du peuple. Il signe le retour sur la scène politique du Mouvement des prisonniers.

Comment les militants incarcérés s’inscrivent-ils dans le champ politique palestinien ?

STÉPHANIE LATTE :  Ce mouvement est massi-vement soutenu et fortement relayé dehors par tous les partis et par l’ensemble des forces de la société civile. Il renforce et catalyse ainsi un front d’opposition large à la politique de l’Autorité palestinienne, qui divise de plus en plus le Fatah. Il intervient dans un contexte politique qui a vu s’accroître l’opposition de la société palestinienne et d’une part grandissante des cadres du Fatah et de la jeunesse du parti à sa politique de répression des opposants, des mobilisations pacifiques et de la résistance, et à sa coopération sécuritaire avec Israël, maintenue pendant la grève, ce qui accroît les tensions avec la population, le leadership de la grève et ses soutiens dehors. Les communiqués du Mouvement des prisonniers associent de façon systématique la cause des détenus au boycott des produits israéliens, alors que l’Autorité palestinienne se borne à endosser le boycott des produits des colonies. Fervents défenseurs d’une ligne arafatiste, ils sont de plus en plus nombreux au sein du Fatah à afficher frontalement leur désaccord. Si nombre de cadres des partis traditionnels ont longtemps minoré l’impact des mobilisations de la société civile et de la jeunesse, ils ont maintenant pris acte de la nécessité de fédérer les fronts militants.

En Palestine occupée par l’Israël, dès douze ans un enfants peut être jeté en prison sans même être jugé !

Quelle place tient l’expérience carcérale dans les biographies des militants palestiniens?

STÉPHANIE LATTE :  Elle est centrale, alors que lestaux d’incarcération sont très élevés. En 1989, le taux d’incarcération était de 750 prisonniers pour 100000 personnes (1), soit le plus haut au monde, et on estime que 40 % des hommes palestiniens sont passés par les prisons israéliennes depuis 1967. Entre 2006 et 2008, au moment de la répression de la seconde Intifada, environ 8000 Palestiniens étaient détenus (2). Les arrestations massives ont repris depuis les épisodes violents de l’automne 2013, puis de «l’Intifada des couteaux», nommée par les Palestiniens le «petit soulèvement (habbeh) », déclenchée en octobre 2015 : selon la police israélienne, 17 396 Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est ont été arrêtés en 2014. Depuis l’occupation de 1967, ce système carcéral, arrimé à la justice militaire et à un système de la preuve ancré sur les aveux, n’a ainsi pas été seulement élaboré comme un mode de sanction pour des délits avérés et prouvés de type sécuritaire. Il est aussi un dispositif central de renseignement et de gestion de l’occupation qui a criminalisé toute activité politique la contestant et tissé ce que je qualifie de véritable toile carcérale sur les territoires palestiniens: réalité et virtualité, cette toile carcérale consiste en un ensemble de dispositions juridiques permettant d’arrêter et d’incriminer un très grand nombre de personnes, hommes et femmes, à partir de l’âge de 12 ans.

 

Banquet de West Bani Zaïd : record battu !!!

Merci aux 48 bénévoles mobilisés pour la préparation et la tenue de cette formidable soirée de solidarité envers le peuple de Palestine !

Rouge, vert, noir, blanc….Samedi 1er avril, l’espace Aragon s’était paré des couleurs de la Palestine,   pour le traditionnel banquet de notre association en solidarité avec le peuple palestinien.  Soirée de solidarité qui a donc battu tous les records de fréquentation puisque plus de 300 personnes s’y étaient inscrites. Et mieux qu’un long discours, les diaporamas et photos ci-joint en attestent !

Noha Rashmawi, chef de cabinet de l’ambassadeur de Palestine en France, nous a fait l’honneur de sa présence lors de notre soirée.

En présence de Noha Rashmawi, chef de cabinet de l’ambassadeur de Palestine en France, de Dominique Lesparre, notre maire, de Raymond  AYIVI, conseiller municipal en charge de la solidarité internationale, de nombreux autres élus locaux, de Jean Contri, notre président d’honneur, cette soirée a été l’occasion de mettre l’accent sur le renforcement de la mobilisation en faveur de la libération du député Marwan Barghouti et des 7000 autres prisonniers. Prisonniers qui vont par ailleurs engager une grève de la faim à partir du 17 avril pour dénoncer les odieuses conditions d’incarcération. La non reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France était également fortement dénoncé sous les huées. Notre pays ne l’a en effet toujours pas décidé alors que 137 pays ainsi que la Vatican l’ont déjà fait.  Et alors que le parlement français, en décembre 2015, tous groupes politiques confondus, a pris position en faveur de cette reconnaissance. « Comme vous, je suis révoltée et écœurée par l’indécence de ce gouvernement en fin de vie qui a préféré  se prêter à certaines  autres aventures militaires, alors qu’il ne lève pas le petit doigt pour la Palestine ! Tout comme je suis écœuré par son ancien 1er ministre, aujourd’hui traitre à son propre parti, reniant sa propre signature, qui  a toujours encouragé les poursuites contre les militants pour la cause palestinienne allant jusqu’à les accuser d’antisémitisme. Tout comme son lieutenant le député P.Doucet, Il est aujourd’hui l’allié d’un candidat de droite dont la cause palestinienne n’a rien à attendre de bon. Bien au contraire !» soulignait Christian Leduey,  président de l’association dans son intervention.  Une motion, réclamant du président de la République, quel qu’il soit, la reconnaissance de l’État palestinien était d’ailleurs proposée et adoptée par les participants. Le maire de Bezons, proposant ensuite, sous les applaudissements,  que cette motion soit portée au Conseil municipal de Bezons. (voir en fin d’article les PDF du discours et de la motion)

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Inaugurée sur  la magnifique prestation des danseuses de Cultures Croisées, la soirée se prolongeait par le service d’un délicieux repas composé d’un couscous, de pâtisseries orientales et d’un thé à la menthe, le tout de fabrication traditionnelle et maison ! Et c’est ensuite DJ Kader qui fit danser les convives jusqu’à 1h du matin dans une super ambiance. A noter aussi que le stand « Librairie, produits traditionnels de Palestine » a également battu tous les records de fréquentation. Et outre le nombre de participants qui contribuèrent au succès de cette soirée, il faut noter aussi les nombreux dons enregistrés. Un montant de dons qui témoigne aussi de la volonté de développer la solidarité avec le peuple palestinien.

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Cette soirée, de par sa fréquentation et de par  l’engagement, la motivation et l’ambiance fraternelle qui y régnait a d’ailleurs impressionné Noha Rashmawi, chef de cabinet de l’ambassadeur de Palestine en France, qui dans l’après-midi était à Valenton, où elle remettait au Maire communiste Françoise Baud, la citoyenneté palestinienne, pour son engagement en faveur de la cause palestinienne. Cette soirée restera donc un grand moment d’amitié, de paix, de solidarité et de compréhension des enjeux en Palestine.

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Nos plus sincères remerciements à : Dj’Kader, pour sa 6ième participation bénévole à notre soirée. Au Comité de jumelage, à Culture Croisées, à l’Arac, à ATD quart-Monde, au LAB… qui apportent leur fidèle et précieux soutien à notre soirée. Aux commerçants qui ont contribué généreusement à la préparation du repas. Aux agents municipaux du service manutention. A Souad et à toutes ces admirables copines, toujours dévouées à notre cause et sans qui cette soirée ne pourrait pas avoir lieu.

Pour lire l’intervention du président de l’association Bezons-West Bani Zaïd CLIQUEZ ICI :  DISCOURS BANQUET 1er AVRIL 2017

Pour lire la motion adoptée à l’unanimité, CLIQUEZ ICI :   MOTION 1er AVRIL 2017

Soirée de solidarité avec la Palestine, c’est le 1er avril !

sans-titre-1Comme nous vous l’avions déjà indiqué, le traditionnel banquet de notre association aura lieu cette année le SAMEDI 1er AVRIL à l’espace Aragon à Bezons. Vous trouverez ci-dessous le formulaire d’inscription à nous retourner le plus vite possible, accompagné du règlement fixé à 15 euros par personne.  N’oubliez surtout pas de réservez car aucune inscription ne pourra être acceptée le jour même de cette soirée de solidarité avec nos amis Palestiniens. Par avance un grand merci pour votre participation et à très bientôt. 

Pour télécharger le bulletin d’inscription, cliquez ICI :  bulletin-de-reservation-pour-la-soiree-du-samedi-1er-avril-2017-pdf

 

 

Réservez votre soirée du samedi 1er avril !

Soirée de solidarité avec le peuple palestinien et pour la paix au Proche-Orient

Notre association Bezons-West-Bani-Zaïd en partenariat avec un collectif d’associations bezonnaises et le soutien de la ville de Bezons organise son dîner spectacle annuel le :

SAMEDI 1er AVRIL 2017

Espace Aragon – Bezons

Dîner et soirée dansant : 15 € par personne

Couscous royal / Pâtisseries / Thé à la menthe / Boissons comprises

Réservation accompagnée du règlement avant le 28 mars 2017 *

 Avec la précieuse collaboration des danseuses de Cultures Croisées et l’animation de la soirée par DJ Kader

 Avec le soutien du : Comité de Jumelage, de Cultures Croisées, de Togo Education Culture, de l’ARAC, du Village de l’Amitié –Viêt-Nam, d’ATD Quart-Monde, de l’AICSF, du LAB, de Bezons la Gauche pour Tous….

Téléchargez votre bulletin d’inscription ici : bulletin-de-reservation-pour-la-soiree-du-samedi-1er-avril-2017