UNE PLACE JÉRUSALEM A PARIS : HIDALGO DANS LES PAS DE TRUMP ?

Le Conseil municipal de la ville de Paris, malgré l’absention des élus communistes, a décidé, mercredi 12 juin, d’attribuer la dénomination « place de Jérusalem » à un square de la capitale situé dans le XVIIe arrondissement. En « oubliant » les deux autres religions monothéistes et en « important le conflit israélo-palestinien » en France, la maire de Paris Anne Hidalgo a pris une décision irresponsable, selon l’Association France Palestine Solidarité.

Jérusalem-Est, est et demeure la capitale de la Palestine !

Une décision qui aurait pu éclairer sur la situation politique de cette ville et de ses habitants palestiniens, victimes d’une violation du droit international par Israël, qui occupe la partie orientale de Jérusalem depuis 1967. Sauf que ce n’est pas le cas, comme le souligne Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) dans une lettre adressée au maire socialiste de Paris (voir en fin de cet article) .  Dans une lettre ouverte adressée à la maire de Paris, ce dernier s’indigne de cette mesure. Se basant sur un échange de lettres entre Anne Hidalgo et le président du Consistoire, Joël Mergui, Bertrand Heilbronn déplore que pour la maire de Paris, Jérusalem  « n’aurait d’importance que pour le judaïsme ».La future « place de Jérusalem » se trouve à l’endroit où sera prochainement inauguré le Centre européen du judaïsme. Qui plus est, l’inauguration se fera en présence du maire de Jérusalem, l’Israélien Moshe Lion, qui qualifie la ville de « capitale d’Israël ».

Prières des israéliens de confession juive au Mur des lamentations , d’un côté les femmes , de l’autre les hommes…

De leurs côtes, les élus communistes de Paris, par la voix de  Raphaëlle Primet précise que «  Lors du conseil de Paris de juin dernier, a été soumise au vote des conseillers une délibération concernant la dénomination d’une place Jérusalem, en remplacement d’une rue ayant disparue. Dans l’exposé des motifs aucune mention des objectifs de la Ville d’utiliser celle-ci dans le but de commémorer l’amitié qui unit la ville de Paris à l’État d’Israël comme l’écrit Mme Hidalgo dans cette même lettre. Aux inquiétudes de nos groupes, a été répondu qu’en aucun cas cette dénomination ne serait utilisée à des fins « geo-politiques » comme Catherine Vieu-Charier l’a d’ailleurs souligné dans sa réponse au conseil, nous étions simplement dans la tradition parisienne de donner des noms de villes à nos rues. Nous avons émis des réserves, et nous nous sommes abstenus forts de ces assurances données. 

Jérusalem est la capitale de toutes les religions comme semble l’oublier Madame Hidalgo

Las, deux jours à peine après le conseil nous découvrons par un tweet de Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France, qu’en réalité, cette dénomination fait suite à une demande directe qu’il aurait faite à Anne Hidalgo lors de la visite du président israélien Reuven Rivlin à l’Hôtel de Ville. Ce qui nous a étonnés c’est l’inauguration expresse de cette place et l’invitation du maire de Jérusalem connu pour ses prises de position et ses actions en faveur de la colonisation. Nous sommes choqués de voir qu’aucun des représentants des trois communautés religieuses creuset de Jérusalem n’y sont invités, et encore plus de l’absence de représentant de l’autorité palestinienne.L’ensemble de ces faits, mis bout à bout, semble légitimer une confiscation de Jérusalem par l’État d’Israël alors que nous aurions pu en faire un symbole de la paix entre les peuples et les différentes communautés. Pour toutes ces raisons, nous demandons à Mme Hidalgo de renoncer à cette inauguration vécue comme une provocation et qui ne respecte pas les positions prises par la diplomatie française sur le statut de Jérusalem » .Pour cela nos organisations seront présentes au rassemblement prévu par le « collectif national pour une paix juste et durable » pour protester de cette décision le jour même de l’inauguration, si celle-ci n’est pas annulée ». Pour sa part, l’association Bezons West Bani-Zaîd dénonce une décision qui fait « abstraction de la réalité politique de l’annexion illégale de Jérusalem » et « met à mal l’idéal laïc » de la France en « pratiquant la confusion entre une religion (le judaïsme représenté par le président du Consistoire) et la notion contestable de communauté (la « communauté juive »)». Elle vous appelle à vous joindre à la manifestation prévue le jour de cette honteuse inauguration ce dimanche 30 juin à l’intersection de la rue de Courcelles et du boulevard de Reims, 17e arrondissement. Station Pereire – Ligne 3

Cliquez ici pour lire la lettre adressée au maire de Paris par Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) : 33-19_anne_hidalgo_21-06-2019

 

 

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