Hollande et la Palestine : paroles, paroles, paroles…

Reçu officiellement à l’Elysée le 14 avril, en présence de Manuel VALLS et de Jean-Marc AYRAULT, le président palestinien, Mahmoud Abbas, alerte l’opinion après sa visite en France. Si Paris se veut à l’initiative, Hollande n’a parlé pour autant ni de colonisation, ni d’occupation, ni d’État palestinien.

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Mahmoud Abbas  : « Une question est posée dans ces pays, dont des pays amis, comme la France : Quand franchiront-ils le pas de la reconnaissance ? (…) Si l’on défend la solution de deux États, alors pourquoi n’en reconnaître qu’un ? »

Dans un Moyen-Orient divisé et déchiré, les Palestiniens peuvent se sentir isolés. Le président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), également à la tête de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, le sait bien. Sa visite à Paris, à la fin de la semaine dernière, s’inscrit justement dans cette volonté de saisir toutes les opportunités pour desserrer l’étau qui écrase le peuple palestinien, face à un gouvernement israélien qui poursuit sans cesse sa politique d’occupation et de colonisation. Pas étonnant, dans ces conditions, que Mahmoud Abbas ait tenu à rencontrer François Hollande. Paris se veut à l’initiative pour la reprise du dialogue entre Palestiniens et Israéliens.

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Cela fait maintenant 12 ans que la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye a condamné la construction par Israël du mur dans les territoires occupés de Cisjordanie car elle « entravait la liberté de circulation des habitants du territoire ». La CIJ a même exigé son démantèlement. Ce jeudi 7 avril 2016, Israël, une nouvelle fois au mépris du droit international, a lancé la construction d’un nouveau mur de 8 mètres de haut qui coupera la vallée de Cremisan, près de la ville de Bethléem. Cette provocation illustre la volonté du gouvernement d’Israël de poursuivre la colonisation et de détruire tout espoir de paix.

« L’initiative de paix française lancée par Laurent Fabius est extrêmement importante pour nous, a souligné le président palestinien, samedi, lors d’une rencontre informelle à laquelle était conviée l’Humanité. Nous avons commencé à aménager des choses, avec des pays arabes et non arabes, en vue d’aboutir à une rencontre du même type que celle d’Annapolis. Elle sera convoquée sur le même mode (…) Il s’agit d’établir un mécanisme pour sortir de la situation actuelle, d’établir des règles du jeu pour la période qui vient. Les thèmes principaux de cette réunion porteront notamment sur le respect de la légalité internationale et des résolutions de l’ONU, les dispositions du plan arabe de paix, la solution des deux États comme réponse au conflit. Nous attendons du groupe d’appui qui sortira de cette réunion qu’il suive l’exécution et la mise en pratique des décisions prises, selon un calendrier précis. Il s’agit de sortir de la logique des résolutions jamais mises en œuvre. L’obstacle fondamental à cette démarche, ce sont les colonies, qui connaissent un essor jamais vu depuis 1967. C’est le principal obstacle à la paix. »

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L’association West-Bani-Zaïd demande que la France agisse pour que cesse l’impunité dont jouit l’état d’Israël. La France doit reconnaître l’État de Palestine avec tous ses droits, conformément aux votes du Sénat et de l’Assemblée nationale.

L’initiative française ne doit pas susciter trop d’espoir

Si cette initiative française ne peut qu’être soutenue, elle ne doit cependant pas susciter trop d’espoir. La référence à Annapolis (en 2007) – qui prévoyait la création d’un État palestinien pour la fin 2008 – ne prête guère à l’optimisme. D’autre part, la volonté de certains pays arabes de présenter une résolution à l’ONU dénonçant la colonisation israélienne se heurte à de nombreux obstacles, y compris de la part de pays européens – dont la France – qui, en paroles, condamnent la colonisation mais en réalité n’agissent en rien contre. Et puis, il y a les déclarations de François Hollande vendredi, à l’issue de sa rencontre avec Mahmoud Abbas. Le président français a utilisé un langage qui laisse pantois. Il a d’abord souligné que les entretiens avaient porté sur la « sécurité », c’est-à-dire celle d’Israël. « Il y a des violences, des tragédies et l’on voit ce que le blocage de la situation peut avoir comme effets (sic). » S’il a bien parlé d’un « processus qui doit conduire à la paix », il n’a, en revanche, pas eu un mot pour dénoncer la poursuite et l’accélération de la colonisation, l’aggravation de l’occupation. Et surtout, il n’a même pas évoqué la création de l’État palestinien. Comme s’il en avait traduit aussitôt que l’attitude française exprimait un nouveau degré d’acceptation de l’arbitraire israélien au sein de la communauté internationale, Benyamin Netanyahou a proclamé hier que la partie annexée du plateau syrien du Golan « restera pour toujours dans les mains d’Israël ».

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